La philosophie dans tous ses états !

La justice et la loi

Publié par   : pkoi006 le  : mars 16, 2009

La justice et la loi règlent nos relations en société. Certaines lois nous paraissent injustes, mais sans elles, ce serait le règne de la force et de la pire injustice. Si la loi n’est pas idéale, elle nous permet pourtant d’édifier un monde plus juste.

La distinction de la justice et de la loi

- La notion de justice possède une signification morale et juridique. Elle nous permet de juger notre action envers nos semblables. Être juste, c’est apprécier ce qui est dû à chacun et agir en conséquence. Nous qualifions ainsi d’injuste une action qui n’est pas conforme à ce qu’elle doit être. En ce sens, seule l’action d’un être libre, celle de l’homme, peut être qualifiée de juste ou injuste: une catastrophe naturelle est malheureuse mais non injuste.
- La loi désigne l’ensemble des règles qui organisent la vie sociale dans un État. Inscrite dans différents codes, la loi précise nos droits et nos devoirs en de multiples domaines : droit de la famille, du commerce, du travail, .. Dans un État de droit, il n’y a aucune autre obligation que celle qui est stipulée par la loi, protégeant ainsi l’individu contre l’arbitraire. De même, toute transgression de la loi est punie par un juge, évitant ainsi le cycle infini de la vengeance.

L’idéal de justice et la réalité des lois

- Ce qui est légal n’est pas toujours légitime. Les lois en vigueur dans un État peuvent être injustes. Elles peuvent ainsi s’opposer à des valeurs morales jugées supérieures à la loi établie. Avant la Seconde Guerre mondiale, en France, les femmes n’avaient pas le droit de vote. Mais chacun conçoit désormais que cette interdiction était illégitime. La justice se construit progressivement dans l’histoire.
- Pour agir avec justice, il ne suffit pas d’appliquer la loi. Aristote a insisté sur la notion d’équité pour désigner cette vertu par laquelle on s’éloigne du strict respect de la loi pour agir avec justice. Suis-je obligé de revendiquer mon droit contre autrui si je conçois que son attitude était rendue nécessaire par les circonstances? L’annulation de la dette des pays les plus pauvres n’est pas conforme au droit des créanciers, mais elle paraît équitable, c’est-à-dire juste.

La loi, instrument de la justice

- La loi fixe le droit positif, c’est-à-dire le droit “posé” ou établi dans l’État. Mais celtains penseurs supposent l’existence d’un droit supérieur, indépendant des lois particulières aux États: le droit naturel. Parmi les droits naturels de l’homme figurent la liberté et l’égalité. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 est une des premières expressions de cette prise en considération d’un droit naturel et juste pour définir les lois de la vie commune.

- Sans la loi, de nombreux abus individuels seraient possibles. La loi permet aussi d’agir sur la réalité sociale, de transformer celle-ci pour limiter l’arbitraire des situations historiques. La loi est donc un moyen d’action au service d’un projet politique. Le progrès de la justice dans un État dépend donc de l’existence d’un débat public qui permette de reconnaître la valeur d’une loi. Même imparfaite, la loi serait bien la condition d’une plus grande justice.

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La liberté

Publié par   : pkoi006 le  : mars 16, 2009

Plus que toute autre, la liberté est une valeur chère au cœur des honunes. Personne ne souhaite en être privé et l’histoire montre qu’elle fut et demeure l’objet de nombreuses luttes. Faculté proprement humaine, la liberté ne va pas de soi et n’est jamais définitivement assurée.

La question du libre arbitre

- L’homme possède la conscience, ce qui signifie qu’il dit “je”. Or, dire “je”, c’est affirmer que l’on est son propre maître, que l’on possède la volonté. Cette faculté de se déterminer à pal1ir de soi-même est-elle absolue? Pour Descartes, l’homme possède le libre arbitre car sa volonté est infinie: il peut même vouloir contre son propre bien. Alors que l’animal est conduit par l’instinct, l’homme peut se diriger selon sa volonté.
- L’idée selon laquelle l’homme est libre n’est-elle pas une illusion? Spinoza affirme que la liberté dont les hommes se vantent “consiste en cela seul que les hommes sont conscients de leurs désirs et ignorants des causes qui les déterminent”. Ne sommes-nous pas influencés par notre environnement? Notre pensée elle-même n’est-elle pas l’effet de mécanismes cérébraux que la science découvrirait progressivement? L’idée d’un déterminisme social ou biologique semble contredire la thèse du libre arbitre.

Liberté et connaissance

- Si nous pouvons nous tromper sur la réalité de notre liberté, cela signifie-t-i1 qu’elle nous échappe nécessairement? La liberté n’est pas une faculté qu’il suffirait de constater, un pouvoir dont l’usage serait spontané. La liberté est avant tout une tâche à accomplir. Affirmer qu’on est libre, c’est évoquer un projet: être vigilant et chercher à connaître pour s’affranchir des multiples servitudes dont on peut être l’objet.
- L’homme étend sa maîtrise sur son environnement à mesure qu’il en connaît les lois de fonctionnement. La découverte des mécanismes biologiques permet, par exemple, de fabriquer vaccins et médicaments. Mais celtains savoirs peuvent être à leur tour la cause de nouvelles servitudes : les nouvelles techniques de communication contraignent les hommes à être plus disponibles. La connaissance ne sert la liberté que si elle éclaire aussi la finalité de nos projets.

Liberté et responsabilité

- Chacun trouverait absurde de juger un animal ou une machine devant un tribunal au motif qu’il aurait blessé un homme. On ne peut juger celui dont on ne peut rien exiger, qui est déterminé à agir de manière nécessaire, c’est-à-dire non libre. Seul un être libre est déclaré responsable dans la mesure où il possède le choix lorsqu’il agit. En droit pénal, une personne irresponsable ne peut être jugée.
- La liberté implique le choix et le choix engage celui qui l’effectue. Dès lors, agir librement est exigeant. La liberté est à la fois une puissance mais aussi une difficulté car elle engage pour l’avenir. Cela permet de comprendre pourquoi certains préfèrent que l’on choisisse à leur place, gagnant un apparent confort, mais renonçant à leur liberté. Mais là encore, ne font-il pas le choix de ne pas choisir? En affirmant que “l’homme est condamné à être libre”, Sartre rappelle ce paradoxe de la liberté.

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Le devoir

Publié par   : pkoi006 le  : mars 16, 2009

Le devoir est parfois confondu avec la contrainte. Or, l’homme peut s’obliger à faire quelque chose parce qu’il estime qu’il doit le faire. Dans le devoir, ce n’est pas la force qui agit, mais la volonté. Seul un être libre peut avoir des devoirs.

Le devoir, la contrainte et la liberté

- Il faut distinguer le devoir et la contrainte. Nous avons souvent l’impression que le respect d’une règle constitue une contrainte. Nous avons alors le sentiment que nous devons faire quelque chose contre notre volonté. Or, toute règle n’est pas nécessairement une contrainte extérieure. Chacun reconnaît par lui-même, en faisant appel à sa raison, que certaines actions sont justes et d’autres injustes.
- Reconnaître la valeur d’un devoir n’est pas l’obéissance à une contrainte. Je peux ainsi, par devoir, refuser d’obéir au pouvoir qui me demande de condanmer un innocent. Je peux également, par devoir, renoncer à mes désirs pour aider une personne en détresse. Pour Kant, agir par devoir, c’est être autonome, c’est-à-dire reconnaître par soi-même (auto) la valeur de la règle (nomos signifie “loi” en grec).

Le fondement du devoir

- Quels sont les critères qui déterminent le devoir? pne première approche peut conduire à penser que le devoir est issu des règles morales établies dans la société. Accomplir son devoir serait alors respecter des normes reconnues par tous, suivre des traditions qui relient entre eux les individus d’une même communauté. En conséquence, il y aurait autant de devoirs que de cultures. Le devoir ne serait pas absolu, mais relatif.
- Le devoir ne peut se réduire à une norme culturelle. Une culture autorisant l’anthropophagie peut exister; cela ne constitue pourtant pas une norme morale acceptable. Il faut donc distinguer la moralité sociale, ce que l’on appelle les mœurs, du devoir conçu comme une exigence supérieure à toute autre considération. Pour Kant, le devoir est une règle dont le fondement est universel.

Le devoir et le bonheur

- Une longue tradition née avec la philosophie grecque associe le bonheur et la vertu. Autrement dit, rechercher le bien, c’est en même temps être heureux. Mais cette idée ne correspond pas à la notion moderne du devoir. Lorsque nous faisons le bien, nous pouvons être satisfaits d’accomplir notre devoir, mais cela peut aller à l’encontre de notre bonheur.
- L’homme qui risque sa vie pour sauver un autre homme accomplit un devoir moral, mais la douleur ou la mort qui s’ensuit n’est pas, loin de là, une image du bonheur. Il revient à Kant d’avoir souligné combien le devoir moral était d’un autre ordre que la poursuite du bonheur individuel : “La majesté du devoir n’a rien à faire avec la jouissance de la vie.” L’accomplissement d’un devoir est désintéressé.

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Le bonheur

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Pour tout homme, le bonheur semble être le but plus ou moins conscient de l’existence. Mais peut-on déterminer ce que l’on entend par bonheur? Le bonheur est certes désirable, mais ne doit-il pas être conscient de lui-même, et donc se faire sagesse, pour être atteint?

La recherche du bonheur

- Pascal l’affirme : “Tous les honunes recherchent d’être heureux. Cela est sans exception, quelques différents moyens qu’ils y emploient… C’est le motif de toutes les actions de tous les hommes. Jusqu’à ceux qui vont se pendre.” Ainsi, derrière l’activité quotidienne, et même dans les projets les plus fous, l’homme chercherait à être heureux, c’est-à-dire à obtenir un contentement, un bien-être dont il puisse dire qu’il le satisfasse complètement.
- De nombreux penseurs de l’Antiquité ont fait du bonheur le souverain bien, c’est-à-dire que la finalité de l’action humaine consiste en la recherche du bonheur. On appelle “eudémonisme” (du grec eudaimôn, qui signifie “heureux”) une telle pensée. Le bonheur est le bien le plus précieux puisqu’on ne le recherche pas pour autre chose que lui-même. Au contraire, les autres biens (richesses, situations, honneurs … ) sont recherchés comme des moyens pour atteindre le bonheur. Le bonheur est une fin en soi.

Le bonheur, un idéal inaccessible ?

- Les circonstances de l’existence, les malheurs personnels ou collectifs, la condition mortelle de l’homme sont autant de faits qui rendent difficile la réalisation du bonheur. De plus, comment mon bonheur peut-il s’accorder avec celui des autres? Le bonheur ne serait alors qu’un idéal, un horizon lointain sans cesse repoussé.
- Nous désirons être heureux mais il nous est difficile de définir le contenu de ce désir. Est-ce la richesse? la santé? l’amour ? D’ailleurs, pour Schopenhauer, nous ne pouvons pas combler tous nos désirs et, surtout, lorsqu’un désir est satisfait, un autre surgit, nous empêchant d’obtenir le repos nécessaire à tout contentement. Comme l’indique le philosophe Heidegger, le mode d’être de toute conscience est le “souci”. Le désir qui nous habite est signe de notre éloignement du bonheur.

La sagesse ou comment être heureux ?

- Toute existence humaine connaît le malheur. Pourtant, notre attitude face aux épreuves dépend de nous. Nous ne sommes pas obligés de nous installer dans un pessimisme face à tout ce qui nous arrive. Comme l’indique le philosophe Alain, le bonheur est aussi une affaire de volonté et on ne peut rendre une personne heureuse malgré elle. Si les circonstances de notre existence peuvent être plus ou moins favorables, nous sommes responsables de ce que nous en faisons.
- Nous désirons le bonheur, mais nous ne souhaitons pas que ce bonheur soit l’effet du hasard ou d’un moyen artificiel. La “pilule” du bonheur ne satisfait pas notre volonté de maîtrise sur notre existence et ne pourrait être au mieux qu’un soutien provisoire. C’est donc librement que nous voulons être heureux. La sagesse, qui associe connaissance et pratique, consiste justement à faire de l’homme le maître de sa vie et de son bonheur.

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La phénoménologie

Publié par   : pkoi006 le  : mars 16, 2009

La phénoménologie est un courant philosophique fondé par le philosophe allemand Edmund Husserl (1859-1938). Elle n’est pas un système, mais une méthode pour décrire toute chose telle qu’elle apparaît à la conscience.

L’origine et l’usage du mot phénoménologie

- Le mot “phénoménologie” est formé à partir des termes grecs phainomenon (“phénomène, ce qui se montre”) et logos (“discours”). La phénoménologie est littéralement la “science des phénomènes”. Le terme est forgé par le scientifique et philosophe Jean-Henri Lambert en 1764, pour désigner une doctrine de l’apparence, dont le but est de distinguer le vrai du faux dans ce qui nous apparaît.
- Mais le premier usage célèbre du terme “phénoménologie” apparaît chez le philosophe allemand Hegel dans la Phénoménologie de l’esprit (1807). Pour Hegel, la phénoménologie est la “science de l’expérience de la conscience”. Cela signifie qu’elle décrit le développenent progressif de la conscience depuis la simple sensation jusqu’au savoir absolu.

La phénoménologie de Husserl

- À partir du XXe siècle, le terme phénoménologie désigne la méthode philosophique élaborée par Husserl. Le but de ce philosophe allemand est de refonder une démarche philosophique radicale. Il insiste sur la nécessité d’un “retour aux choses mêmes”. Avant toute connaissance, avant tout usage, la réalité est d’abord un ensemble de phénomènes qui apparaît à la conscience. Cela signifie aussi que la conscience est toujours la conscience.
- La méthode phénoménologique est donc une description du phénomène en tant que tel. Elle fait abstraction de l’approche objective de la science et de la technique. Pour accéder “à la chose même”, il faut pour Husserl mettre le monde entre parenthèses, autrement dit se débarrasser de l’ensemble des significations habituelles auquel renvoie le phénomène. Cette mise entre parenthèses, appelée “épochè”, permet de dégager avec rigueur le véritable sens du phénomène pour la conscience, son essence.

L’influence de la phénoménologie

- De nombreux philosophes ont été influencés par la méthode phénoménologique éla’orée par Husserl. En Allemagne, Martin Heidegger l’infléchit vers une réflexion sur le sens le l’être, c’est-à-dire vers une ontologie. Le but est pour lui de rendre compte de ce qu’est exister pour l’homme.
- En France, la méthode phénoménologique a été introduite par Emmanuel Lévinas dans les années 1930. Husserl a également influencé Jean-Paul Sartre (L’Être et le Néant), Maurice Merleau-Ponty (Phénoménologie de la perception), Paul Ricoeur (Philosophie de la volonté) ou Michel Henry (L’Essence de la manifestation, Phénoménologie de la vie). De par sa méthode, le courant phénoménologique est toujours très actif dans m’école philosophique française.

L’existentialisme

Publié par   : pkoi006 le  : mars 16, 2009

L’existentialisme n’est pas une doctrine ou une école philosophique, mais un courant, né au XIXe siècle, qui met l’accent sur la notion d’existence. On y trouve aussi bien des penseurs chrétiens comme S0ren Kierkegaard que des penseurs athées comme Jean-Paul Sartre.

La primauté de l’existence

- L’existentialisme désigne des philosophies qui concentrent leur réflexion sur le caractère premier et singulier de l’existence, au prenlier rang de laquelle on trouve l’existence humaine. Il s’oppose en ce sens aux philosophies essentialistes. Pour ces dernières, la réflexion se concentre sur la recherche des concepts (ou essences) qui permettent de décrire la réalité de manière rationnelle. L’existentialisme affirme qu’avant toute définition ou explication une chose est d’abord une existence.
- Cette primauté de l’existence implique que l’homme existe avant de trouver un sens à son existence. Cette absence de sens conduit à évoquer l’absurdité de l’existence. Autrement dit, l’existentialisme est indissociable d’une conscience tragique. L’interrogation sur le sens de la vie ou la pensée de la mort (la non-existence) traversent l’histoire de la philosophie, mais ces questions prennent une tournure plus exacerbée dans le cadre d’une réflexion existentielle.

L’existentialisme chrétien

- L’existentialisme est un courant qui a été initié par le philosophe danois Soren Kierkegaard (1813-1855), Contre l’esprit de système, dont il dénonce la dimension totalisante, ce protestant insiste sur la singularité de l’existence. Cela le conduit à souligner le caractère angoissant de la vie humaine. À la manière de Pascal au XVIIe siècle, il évoque la possibilité d’une vie illusoire faite de jouissances, mais affirme que seule la foi peut être un salut pour l’homme.
- Au XXe siècle des philosophes chrétiens sont classés dans le courant existentialiste. En France, Gabriel Marcel (1889-1973) insiste sur le caractère mystérieux de l’existence. Il est pour lui impossible d’en obtenir une connaissance objective. Il faut cependant rappeler que cette incapacité est partagée par les autres hommes. La condition humaine ne peut qu’inviter à une ouverture vers l’autre, dont la figure supérieure est Dieu.

L’existentialisme athée

- Le philosophe allemand Martin Heidegger (1889-1976) ne s’est pas reconnu dans la définition d’existentialisme. En effet, il présente sa philosophie comme une interrogation sur le sens de l’être. Cependant, sa pensée convoque la notion d’existence dans la mesure où elle part de la situation particulière de l’homme dans le monde. L’homme, jeté dans la vie, peut tomber dans une existence inauthentique, répétant les discours du monde ambiant. Mais il peut aussi vivre résolument sa finitude.
- Jean-Paul Sartre représente en France la philosophie qui a le plus clairement revendiqué la notion d’existentialisme. Pour lui, l’existence humaine n’est justifiée par rien et elle est, dans le même temps, absolument libre. C’est donc par ses actes que l’homme va donner un sens à son existence. La philosophie de Sartre ouvre sur une pensée de l’engagement.

La philosophie analytique

Publié par   : pkoi006 le  : mars 16, 2009

La philosophie analytique est un courant philosophique essentiellement anglo-saxon, né au début du XXe siècle. Les philosophes analytiques constatent que les interrogations philosophiques traditionnelles ne parviennent pas à dégager des réponses satisfaisantes. Us préconisent une analyse rigoureuse.

L’analyse logique du langage

- L’origine de la philosophie analytique se trouve dans les travaux de Gottlob Frege (1848-1925), un mathématicien et philosophe allemand qui a le projet de construire une langue parfaitement logique, ce qu’il appelle “une langue formulaire de la pensée pure”. Il s’agit d’éviter les confusions des langues naturelles. En effet, les différences d’interprétation sur le sens de nos énoncés conduisent à des incompréhensions et créent de faux problèmes.
- Le souci d’éclaircir le sens de nos énoncés est aussi l’objet des réflexions du mathématicien et philosophe anglais Bertrand Russell (1872-1970). Afin d’éviter toute confusion, il faut partir de propositions simples (des “atomes” logiques) qui correspondent à des éléments du monde. Les propositions complexes sont construites logiquement à partir des propositions simples. Ludwig Wittgenstein (1889-1951), élève de Russell, prolonge l’analyse des limites du langage.

Le retour au langage ordinaire

- Le projet d’une clarification des langues à partir de leur analyse logique influence le travail de ce qu’on appelle le Cercle de Vienne, qui regroupe des philosophes et savants dans les années 1920-1930. Leur projet est de construire une conception scientifique du monde. Cependant, Russel et Wittgenstein abandonnent leurs premières conceptions: l’analyse logique de la langue, importante en soi, ne peut faire l’impasse sur la manière dont les honunes utilisent les mots.
- Après la Seconde Guerre mondiale, la philosophie analytique va porter une attention plus grande au langage ordinaire. C’est le cas du philosophe anglais John Austin (1911-1960), qui met en évidence le fait qu’un énoncé n’est pas une simple description du réel (vraie ou fausse), mais peut être aussi un acte. Par exemple, dire “je vous marie”, c’est aussi faire en parlant. De son côté, le philosophe américain Willard Quine (1908-2000) souligne que la signification d’un énoncé est déterminée par le contexte.

L’influence actuelle de la philosophie analytique

- La philosophie analytique s’est développée essentiellement dans les pays de langue anglaise, mais aussi en Pologne ou dans les pays scandinaves. On l’oppose généralement à la philosophie dite “continentale” (France, Allemagne … ). L’approche de celle-ci est ancrée dans une tradition plus systématique et métaphysique, par opposition à l’approche scientifique et logique de la philosophie analytique.
- On assiste cependant à un dialogue entre les deux traditions. En France, des philosophes français comme Jacques Bouveresse, spécialiste de Wittgenstein, ou Pascal Engel ont permis à la philosophie analytique de bénéficier d’une plus grande audience.

Le stoïcisme

Publié par   : pkoi006 le  : mars 16, 2009

Fondée par Zénon de Citium, la philosophie stoïcienne apparaît à Athènes à la fin du IVe siècle av. J-C. et se développe à Rome jusqu’au IIe siècle de notre ère. Constituée d’une logique, d’une physique et d’une morale, elle forme un système qui invite l’homme à se conformer à l’ordre naturel.

La philosophie du Portique

- Vers 312 av. J-C., Zénon (v. 335-v. 264 av. J-c.), né à Citium à Chypre, débarque à Athènes. Il suit l’enseignement du cynique Cratès, qui l’invite à vivre conformément à la nature. Il crée sa propre école près d’un portique (galerie couverte, qui se dit stoa en grec). L’école est alors appelée stoïcienne ou philosophie du Portique.
- On distingue trois périodes du stoïcisme. L’ancien stoïcisme représenté par Zénon, puis Cléanthe Cv. 331-v. 232 av. J-C.) et Chlysippe (v. 280-v. 210 av. J-C.). Le moyen stoïcisme, qui correspond au moment où la doctrine gagne progressivement Rome (IIe-Ie siècles av. J-C.). Le stoïcisme nouveau ou de l’époque impériale, dont les principaux représentants, à Rome, sont Sénèque (v. 4 av. J-c.-v. 65 apr. J-C.), Épictète (50-130) et l’empereur Marc Aurèle (121-180).

La science stoïcienne

- La pensée stoïcienne se caractérise selon trois parties indissociables que tout apprenti philosophe doit étudier et pratiquer. La logique, qui est l’art du raisonnement; la physique, qui est l’étude de la nature, c’est-à-dire de l’ordre du monde; la morale, qui invite à vivre selon cet ordre. Les stoïciens comparent la philosophie à un être vivant: les os et les nerfs correspondent à la logique; la chair correspond à la morale et l’âme à la physique.
- La physique est l’étude de la phusis (qui signifie « nature” en grec). Le monde est matériel pour les stoïciens, mais il est vivant. Il meurt et renaît. Il est ordonné d’une manière intelligente et comprend des corps individuels dont aucun n’est identique à un autre. Tout est corps: le minéral, le végétal, l’animal, les hommes et les dieux, mais aussi le jour, la nuit, l’âme ou la vertu. Le matérialisme stoïcien est intégral et décrit une animation perpétuelle.

Une morale de l’acceptation

- La physique est la connaissance du mouvement du monde dans lequel tous les corps sont en relation, dans une sorte d’interaction permanente. Tous les phénomènes sont en “sympathie”. Si l’homme veut être heureux, il doit savoir quelle est sa place dans le mouvement du monde.
- L’homme passionné, qui se laisse entraîner par ses désirs ou ses peurs, s’oppose à la raison et agit de manière contre nature. Le sage, au contraire, connaît sa place, reconnaît l’ordre naturel et s’y conforme. Sa volonté est d’accepter ce qui est. Il ne se révolte pas contre ce qui lui arrive et ce qui arrive aux autres. Il est libre car sans obstacle.

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Le cynisme

Publié par   : pkoi006 le  : mars 16, 2009

Dans le langage courant, le cynisme désigne une attitude ouvertement immorale, dédaignant toute norme sociale et sans scrupule. Mais le terme renvoie d’abord à un mouvement philosophique, né en Grèce au IV’ siècle av. J.-C., qui entreprend une critique radicale des conventions afin d’atteindre la sagesse.

La philosophie des « chiens »

- Le mot “cynisme” vient du grec kunismos. Ce terme est formé à partir de kunikos : qui concerne le chien ou qui lui ressemble. En fait, le mot “cynisme” est lié au premier philosophe cynique, Antisthène (v. 444-365 av. J-C.), un disciple de Socrate. Antisthène fonde une école au Cynosarge, un des gymnases d’Athènes. Cynosarge veut dire “chien agile”. Par son comportement, le cynique est comparable à l’animal qui aboie fort, ne se préoccupe pas des conventions des hommes et vit selon la nature.
- Diogène de Sinope (v. 413-v. 327 av. J-c.), un des disciples d’Antisthène, est le cynique le plus célèbre de l’Antiquité. Les anecdotes sur sa vie témoignent d’un refus de toute convention, d’un ascétisme de tous les instants. Des philosophes emblématiques se réclamant du cynisme apparaissent jusqu’au V’ siècle de notre ère. Toutefois leur influence se poursuit tout au long de l’histoire occidentale. Dans sa Critique de la raison cynique, le philosophe allemand Sloterdijk (né en 1947) s’est appuyé sur ces penseurs de l’Antiquité pour réfléchir sur le monde contemporain.

La nature contre la loi

- Le cynisme refuse d’accorder le moindre crédit aux valeurs issues des coutumes et des lois. La vertu est un effort pour se suffire à soi-même, débarrassé de toute considération sociale. Il faut donc se contenter de peu. La sagesse cynique est une lutte contre la souffrance, qui est l’expérience la plus commune de toute existence humaine. Or, seule une vie qui répond aux exigences naturelles peut limiter les occasions de souffrir: l’animal nous offre le modèle d’une vie heureuse car réduite au nécessaire, sans superflu.
- Les cyniques ne se contentent pas de critiquer les convenances sociales. Ils s’attaquent aux systèmes philosophiques, qui prétendent nous rendre heureux après une longue instruction. La sagesse n’est pas de l’ordre de la théorie; elle est un acte. Elle est une pratique accessible à tout homme, toute femme qui s’exerce à vivre sans aucun luxe, naturellemment.

Le cosmopolitisme

- Aucun pouvoir ne mérite le moindre regard de la part du cynique. Une anecdote rapelle cet aspect: alors qu’Alexandre le Grand rend visite à Diogène, celui-ci lui demande de s’écarter car il lui masque son soleil. Bien souvent, on voit les cyniques critiquer ouvertement les tyrans ou princes que tous respectent.
- À l’inverse de Platon ou d’Aristote, le cynique considère que l’État n’est rien, car il se conçoit comme citoyen de l’univers cosmopolite. Il ne peut avoir d’engagement politique, car cela serait une limitation à son indépendance et donc à son bonheur.

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Le scepticisme

Publié par   : pkoi006 le  : mars 16, 2009

Le scepticisme est un mot commun pour désigner un état d’esprit enclin au doute. Mais il désigne aussi un courant philosophique apparu au IV’ siècle av. J.-C. On distingue également un scepticisme moderne né au XVIIIe siècle.

Le scepticisme antique

- La démarche des penseurs grecs présente dès les origines des aspects sceptiques. Ainsi, le sophiste Protagoras (v. 490-v. 420 av. J-C.) affirme la relativité de toute connaissance : l’homme est la mesure de toutes choses, de l’existence de celles qui existent comme de la non-existence de celles qui n’existent pas. De même, Gorgias (v. 480-v. 390 av. J-C) affirme: premièrement que rien n’existe; deuxièmement que, s’il existe quelque chose, cela ne peut être connu de l’homme; troisièmement que même si cela peut être connu, cela ne peut être énoncé et expliqué à autrui.
- Mais la pensée sceptique est véritablement fondée par Pyrrhon d’Élis (v. 365-v. 275 v. J-c.), qui souligne que le doute doit nous conduire à suspendre notre jugement. Le terme pyrrhonisme est aussi utilisé pour désigner ce premier scepticisme. Une forme de scepticisme se déploie plus tard à l’Académie, l’école fondée par Platon: Arcésilas (v. 315-v. 240 av. J-c.) enseigne une thèse radicale selon laquelle rien ne peut être connu; Carnéade (v. 215-v. 130 av. J-c.) y soutient l’idée qu’il n’existe que des jugements probables. À partir du 1e siècle de otre ère, Aenésidème, puis Agrippa proposent plusieurs arguments sceptiques. Avec Sextus Empiricus, au Ille siècle, la tradition sceptique antique s’achève.

La sagesse sceptique

- Pyrrhon d’Élis explique qu’il n’est pas possible d’atteindre une certitude, qu’elle soit de l’ordre de la valeur ou de la vérité. Il affirme ainsi “que rien n’est beau ni honteux, juste ni injuste ; et que de même rien n’existe du point de vue de la vérité; que les hommes n’agissent que sous l’effet de la loi et de la coutume. Chaque chose n’est pas plus ceci que ~Ia. ” Il n’existe que des apparences Cce que l’on appelle des “phénomènes”).
- “Nous ne définissons rien”, affirment les sceptiques, ce qui signifie qu’il faut suspendre tout jugement. En grec, cette suspension sceptique est l’épochè. Pour éviter de souffrir, il ne faut pas chercher à théoriser, mais se conformer à la vie avec indifférence (adiaphorie) car sa signification profonde nous échappe. Cela permet de préselver un bonheur tout intérieur et d’atteindre la  tranquillité de l’âme (ataraxie). À la Renaissance, le pyrrhonisme influencera Montaigne.

Le scepticisme moderne

- Au XVIIIe siècle, le philosophe écossais David Hume (1711-1776) inaugure une forme moderne du scepticisme. Il est pour lui impossible de fonder la science de manière absolue. C’est l’habitude de constater la succession de deux phénomènes qui nous conduit à penser qu’il existe un lien causal entre les deux. Mais nous ne pouvons être absolument celtains que ce lien causal existe.
- De même, Hume souligne qu’il nous est impossible de connaître le “moi”, car si c’est bien moi qui ressens ce qui se produit dans mon environnement, je ne peux ressentir le moi lui-même. Mon intériorité m’échappe

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