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Désir

Publié par   : pkoi006 le  : mars 16, 2009

Le désir apparaît comme une caractéristique incontournable de la condition humaine. Les projets, les passions, les espoirs semblent être habités par cette tendance qui nous entraîne. Or, notre rapport au désir est profondément ambigu, car il est à la fois ce qui nous fait agir, mais aussi ce qui nous fait souffrir.

Le désir, le besoin et la volonté

- Le désir est généralement distingué du besoin. Tous les cieux évoquent une tendance qui me pousse ou m’entraîne, mais avec des contenus différents. Le besoin renvoie ainsi à une dimension biologique. Boire, manger, respirer sont des besoins, c’est-à-dire des nécessités de l’existence naturelle de l’homme. Il ne peut que les combler.
- Le désir possède une dimension psychique. Proprement humain, il renvoie à une représentation culturelle et semble changer sans cesse d’objet. Cela le rend donc plus difficile à satisfaire que le besoin. La volonté est une faculté de se déterminer à agir en fonction d’une fin librement choisie. Elle s’oppose donc au désir et au besoin. Je peux vouloir ce que je ne désire pas (vouloir travailler) ou refuser ce dont j’ai besoin (refuser de manger).

Le désir comme manque

- Le mot “désir” est issu du latin desiderare. De même que considerare, il dérive de sidus qui signifie “astre”. Ces deux verbes appartiennent à la langue des présages fondés sur l’obselvation du ciel étoilé. Consideram, c’est “contempler un astre ; desideram, c’est cesser de le contempler et donc regretter son absence. Le désir, au sens étymologique, c’est le regret d’un astre disparu, la nostalgie d’une étoile. Il est une forme de manque.
- Dans Le Banquet, Platon fait parler Aristophane qui raconte le mythe des androgynes, des êtres à la fois féminins et masculins. À l’origine, les hommes étaient doubles, portant deux visages, quatre bras et quatre jambes, etc. Afin de les punir pour leur orgueil, Zeus les coupa en cieux. Depuis cette action, chaque être humain cherche à retrouver une unité à jamais perdue. Le désir en l’homme n’est pas le manque d’un objet, mais un manque d’être. Tel est l’amour, un désir d’unité qui habite tout homme.

Le désir, essence de la vie humaine

- Concevoir le désir comme manque, c’est manifestement le saisir de manière négative, conune réduit à une forme de besoin. Le manque est alors immanquablement une souffrance. Faut-il fuir le désir ? Un tel projet est encore une forme de désir. D’ailleurs, les besoins chez l’homme ne sont-ils pas habités par des considérations culturelles qui les rapprochent du désir? Le désir gastronomique n’est pas seulement là pour combler le besoin de manger. De même, une volonté sans désir ne manque-t-elle pas de puissance ?
- Le désir, selon Spinoza, est l’élément actif de toute entreprise humaine. Si le désir est l’essence de l’homme, c’est qu’il est le moteur même par lequel l’être humain persévère dans son être. Le désir est cette puissance particulière grâce à laquelle l’homme intervient dans le monde. Il n’existe pas de culture, ni d’histoire sans désir. S’il peut exister un mauvais usage du désir, il faut alors le connaître pour en user sagement.

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