La philosophie dans tous ses états !

Le devoir

Publié par   : pkoi006 le  : mars 16, 2009

Le devoir est parfois confondu avec la contrainte. Or, l’homme peut s’obliger à faire quelque chose parce qu’il estime qu’il doit le faire. Dans le devoir, ce n’est pas la force qui agit, mais la volonté. Seul un être libre peut avoir des devoirs.

Le devoir, la contrainte et la liberté

- Il faut distinguer le devoir et la contrainte. Nous avons souvent l’impression que le respect d’une règle constitue une contrainte. Nous avons alors le sentiment que nous devons faire quelque chose contre notre volonté. Or, toute règle n’est pas nécessairement une contrainte extérieure. Chacun reconnaît par lui-même, en faisant appel à sa raison, que certaines actions sont justes et d’autres injustes.
- Reconnaître la valeur d’un devoir n’est pas l’obéissance à une contrainte. Je peux ainsi, par devoir, refuser d’obéir au pouvoir qui me demande de condanmer un innocent. Je peux également, par devoir, renoncer à mes désirs pour aider une personne en détresse. Pour Kant, agir par devoir, c’est être autonome, c’est-à-dire reconnaître par soi-même (auto) la valeur de la règle (nomos signifie “loi” en grec).

Le fondement du devoir

- Quels sont les critères qui déterminent le devoir? pne première approche peut conduire à penser que le devoir est issu des règles morales établies dans la société. Accomplir son devoir serait alors respecter des normes reconnues par tous, suivre des traditions qui relient entre eux les individus d’une même communauté. En conséquence, il y aurait autant de devoirs que de cultures. Le devoir ne serait pas absolu, mais relatif.
- Le devoir ne peut se réduire à une norme culturelle. Une culture autorisant l’anthropophagie peut exister; cela ne constitue pourtant pas une norme morale acceptable. Il faut donc distinguer la moralité sociale, ce que l’on appelle les mœurs, du devoir conçu comme une exigence supérieure à toute autre considération. Pour Kant, le devoir est une règle dont le fondement est universel.

Le devoir et le bonheur

- Une longue tradition née avec la philosophie grecque associe le bonheur et la vertu. Autrement dit, rechercher le bien, c’est en même temps être heureux. Mais cette idée ne correspond pas à la notion moderne du devoir. Lorsque nous faisons le bien, nous pouvons être satisfaits d’accomplir notre devoir, mais cela peut aller à l’encontre de notre bonheur.
- L’homme qui risque sa vie pour sauver un autre homme accomplit un devoir moral, mais la douleur ou la mort qui s’ensuit n’est pas, loin de là, une image du bonheur. Il revient à Kant d’avoir souligné combien le devoir moral était d’un autre ordre que la poursuite du bonheur individuel : “La majesté du devoir n’a rien à faire avec la jouissance de la vie.” L’accomplissement d’un devoir est désintéressé.

Mots-clefs :

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.