Publié par : pkoi006 le : mars 16, 2009
La naissance de la psychanalyse au début du XXe siècle a profondément marqué la réflexion philosophique. En affirmant l’existence d’un inconscient psychique, Sigmund Freud (1856-1939) souligne combien l’homme est obscur à lui-même.
L’énigme de l’hystérie
- En 1885, Freud, jeune médecin viennois, arrive à Paris pour suivre les leçons du professeur Charcot à l’hôpital de la Salpêtrière. Le célèbre neurologue attire le Tout-Paris par les descriptions cliniques qu’il y fait de la “grande hystérie” : on peut y voir en direct des “hystériques entrer en transe ou avoir des convulsions spectaculaires”. Les causes de cette madadie divisent les scientifiques: certains y voient une origine organique alors que d’autres soutiennent la thèse d’une origine psychologique.
- De retour à Vienne, Freud observe ses patients en utilisant l’hypnose, puis des entretiens non-directifs. Les patients rapportent des souvenirs traumatisants inscrits de manière inconsciente dans leur psychisme et dont la signification est sexuelle. Freud relève que la remémoration de ces souvenirs est empêchée par une résistance du patient. Pour lui, l’hystérie un trouble nerveux par lequel s’exprime inconsciemment un souvenir refoulé.
L’interprétation des rêves et les actes manqués
- Afin d’approfondir l’étude de l’inconscient psychique, Freud analyse les rêves et notam nt les siens. Cela le conduit à affirmer que les rêves sont l’expression symbolique de désirs inconscients. Il publie ses conclusions dans “L’Interprétation des rêves” (1900). Non seulement l’inconscient intervient dans des processus psychologiques pathologiques comme l’hystérie, mais de plus il est à l’œuvre dans les rêves de tout homme.
- Aux maladies mentales, comme l’hystérie, et aux rêves, Freud ajoute une troisième preuve de l’existence d’un inconscient psychique chez l’homme: les actes manqués. Oublier un objet, ou faire un lapsus, est parfois le signe d’une intention inconsciente qui modifie la volonté consciente. Cette intention révèle le désir profond de l’individu. La thèse freudienne de l’inconscient met en péril l’idée d’un homme à la volonté toute-puissante.
L’appareil psychique
- Selon Freud, le psychisme humain comprend trois instances: le Ça qui désigne l’ensemble des pulsions inconscientes, le Surmoi qui se compose des normes morales acquises par l’éducation, le Moi qui doit gérer les exigences contradictoires des deux autres instances dans leurs rapports à la réalité. Les pulsions trouvent leur force dans une énergie psychique qu’il nommé “libido”, dont le sens profond est sexuel. Carl Jung (1875-1961), un de ses disciples, refusera cette importance donnée à la sexualité.
- Pour Freud, la sexualité s’exprime dès les premiers mois de la vie et passe par différents stades jusqu’à l’âge adulte. Il met en évidence ce qu’il appelle le “complexe d’oedipe”, qui traduit un rejet de la part de l’enfant pour le parent du même sexe et un désir pour le parent du sexe opposé. C’est la sortie de ce stade oedipien, où le garçon renonce à la mère et la au père, qui fait entrer l’adolescent dans une sexualité adulte.