Publié par : pkoi006 le : mars 16, 2009
Temps, existence et mort sont trois notions qui introduisent la réflexion philosophique dans une dimension apparemment tragique. L’irréversibilité du temps, l’aspect mortel de l’existence humaine sont autant de faits qui rappellent la finitude de la condition humaine. Penser cette finitude, n’est-ce pas finalement l’horizon de toute interrogation véritable ?
L’ordre du temps
- Saint Augustin indique qu’il n’est pas aisé de définir le temps le passé n’est plus, l’avenir n’est pas encore, l’instant présent semble insaisissable. Passé, présent, futur n’existerait alors que dans le présent d’une conscience comme mémoire, perception et attente. Bergson insiste, pour sa part, sur l’impossibilité de réduire le présent de la conscience à un instant. Le temps vécu est une durée. Au moment même où nous prononçons une phrase résonnent encore en nous les mots prononcés, et la phrase ne se déploie qu’en raison des mots qui sont à venir.
- On peut distinguer un temps objectif, celui de la science dont Newton affirme qu’il est un écoulement uniforme, et un temps subjectif, qui exprime l’idée qu’une heure peut apparaître plus ou moins longue. Il demeure que l’irréversibilité du temps semble être l’aspect essentiel par lequel s’exprime tout le tragique de l’existence.
La finitude et la liberté
- Le caractère irréversible du temps marque les corps et les consciences. L’expérience du remords exprime cette idée d’un temps sur lequel on ne peut revenir alors qu’on désirerait pouvoir le faire. Ce passé qui m’obsède est absent et c’est paradoxalement la raison pour laquelle il me pèse. De plus, si le passé échappe à mon intervention, s’il provoque angoisse ou nostalgie, il me rappelle également que mon existence” vaut une fois pour toutes” (L. Lavelle).
- Pourtant, cette irréversibilité, qui exprime notre finitude, est aussi ce qui permet de donner un sens à l’existence. Une vie infinie enlèverait tout intérêt à l’action, car tout serait toujours possible. L’irréversibilité du temps et le caractère fini de notre existence nous obligent à faire des choix. Ils donnent une consistance à notre liberté et une valeur à notre existence. Nos actes ont un sens parce qu’ils s’inscrivent irrémédiablement dans un temps fini.
La pensée de la mort
- Le philosophe allemand Schopenhauer explique que “c’est la connaissance des choses de la mort et la considération de la douleur et de la misère de la vie qui donnent la plus forte impulsion à la pensée philosophique et à l’explication métaphysique du monde”. Les croyances religieuses sont une manière de donner une signification à la mort. Mais la conscience de la mort ouvre sur une interrogation d’autant plus difficile que toute représentation de sa propre mort est, au sens strict, impossible. Se voir mort, c’est justement ne pas l’être.
- Une formule venant de l’Antiquité et reprise par Montaigne affirme que “philosopher, c’est apprendre à mourir”. Cela signifie que toute philosophie doit permettre de savoir comment vivre avec l’idée de la mort. Il s’agit de la mettre en place pour ne pas en souffrir.