Publié par : pkoi006 le : mars 16, 2009
Plus que toute autre, la liberté est une valeur chère au cœur des honunes. Personne ne souhaite en être privé et l’histoire montre qu’elle fut et demeure l’objet de nombreuses luttes. Faculté proprement humaine, la liberté ne va pas de soi et n’est jamais définitivement assurée.
La question du libre arbitre
- L’homme possède la conscience, ce qui signifie qu’il dit “je”. Or, dire “je”, c’est affirmer que l’on est son propre maître, que l’on possède la volonté. Cette faculté de se déterminer à pal1ir de soi-même est-elle absolue? Pour Descartes, l’homme possède le libre arbitre car sa volonté est infinie: il peut même vouloir contre son propre bien. Alors que l’animal est conduit par l’instinct, l’homme peut se diriger selon sa volonté.
- L’idée selon laquelle l’homme est libre n’est-elle pas une illusion? Spinoza affirme que la liberté dont les hommes se vantent “consiste en cela seul que les hommes sont conscients de leurs désirs et ignorants des causes qui les déterminent”. Ne sommes-nous pas influencés par notre environnement? Notre pensée elle-même n’est-elle pas l’effet de mécanismes cérébraux que la science découvrirait progressivement? L’idée d’un déterminisme social ou biologique semble contredire la thèse du libre arbitre.
Liberté et connaissance
- Si nous pouvons nous tromper sur la réalité de notre liberté, cela signifie-t-i1 qu’elle nous échappe nécessairement? La liberté n’est pas une faculté qu’il suffirait de constater, un pouvoir dont l’usage serait spontané. La liberté est avant tout une tâche à accomplir. Affirmer qu’on est libre, c’est évoquer un projet: être vigilant et chercher à connaître pour s’affranchir des multiples servitudes dont on peut être l’objet.
- L’homme étend sa maîtrise sur son environnement à mesure qu’il en connaît les lois de fonctionnement. La découverte des mécanismes biologiques permet, par exemple, de fabriquer vaccins et médicaments. Mais celtains savoirs peuvent être à leur tour la cause de nouvelles servitudes : les nouvelles techniques de communication contraignent les hommes à être plus disponibles. La connaissance ne sert la liberté que si elle éclaire aussi la finalité de nos projets.
Liberté et responsabilité
- Chacun trouverait absurde de juger un animal ou une machine devant un tribunal au motif qu’il aurait blessé un homme. On ne peut juger celui dont on ne peut rien exiger, qui est déterminé à agir de manière nécessaire, c’est-à-dire non libre. Seul un être libre est déclaré responsable dans la mesure où il possède le choix lorsqu’il agit. En droit pénal, une personne irresponsable ne peut être jugée.
- La liberté implique le choix et le choix engage celui qui l’effectue. Dès lors, agir librement est exigeant. La liberté est à la fois une puissance mais aussi une difficulté car elle engage pour l’avenir. Cela permet de comprendre pourquoi certains préfèrent que l’on choisisse à leur place, gagnant un apparent confort, mais renonçant à leur liberté. Mais là encore, ne font-il pas le choix de ne pas choisir? En affirmant que “l’homme est condamné à être libre”, Sartre rappelle ce paradoxe de la liberté.