Publié par : pkoi006 le : mars 16, 2009
Le scepticisme est un mot commun pour désigner un état d’esprit enclin au doute. Mais il désigne aussi un courant philosophique apparu au IV’ siècle av. J.-C. On distingue également un scepticisme moderne né au XVIIIe siècle.
Le scepticisme antique
- La démarche des penseurs grecs présente dès les origines des aspects sceptiques. Ainsi, le sophiste Protagoras (v. 490-v. 420 av. J-C.) affirme la relativité de toute connaissance : l’homme est la mesure de toutes choses, de l’existence de celles qui existent comme de la non-existence de celles qui n’existent pas. De même, Gorgias (v. 480-v. 390 av. J-C) affirme: premièrement que rien n’existe; deuxièmement que, s’il existe quelque chose, cela ne peut être connu de l’homme; troisièmement que même si cela peut être connu, cela ne peut être énoncé et expliqué à autrui.
- Mais la pensée sceptique est véritablement fondée par Pyrrhon d’Élis (v. 365-v. 275 v. J-c.), qui souligne que le doute doit nous conduire à suspendre notre jugement. Le terme pyrrhonisme est aussi utilisé pour désigner ce premier scepticisme. Une forme de scepticisme se déploie plus tard à l’Académie, l’école fondée par Platon: Arcésilas (v. 315-v. 240 av. J-c.) enseigne une thèse radicale selon laquelle rien ne peut être connu; Carnéade (v. 215-v. 130 av. J-c.) y soutient l’idée qu’il n’existe que des jugements probables. À partir du 1e siècle de otre ère, Aenésidème, puis Agrippa proposent plusieurs arguments sceptiques. Avec Sextus Empiricus, au Ille siècle, la tradition sceptique antique s’achève.
La sagesse sceptique
- Pyrrhon d’Élis explique qu’il n’est pas possible d’atteindre une certitude, qu’elle soit de l’ordre de la valeur ou de la vérité. Il affirme ainsi “que rien n’est beau ni honteux, juste ni injuste ; et que de même rien n’existe du point de vue de la vérité; que les hommes n’agissent que sous l’effet de la loi et de la coutume. Chaque chose n’est pas plus ceci que ~Ia. ” Il n’existe que des apparences Cce que l’on appelle des “phénomènes”).
- “Nous ne définissons rien”, affirment les sceptiques, ce qui signifie qu’il faut suspendre tout jugement. En grec, cette suspension sceptique est l’épochè. Pour éviter de souffrir, il ne faut pas chercher à théoriser, mais se conformer à la vie avec indifférence (adiaphorie) car sa signification profonde nous échappe. Cela permet de préselver un bonheur tout intérieur et d’atteindre la tranquillité de l’âme (ataraxie). À la Renaissance, le pyrrhonisme influencera Montaigne.
Le scepticisme moderne
- Au XVIIIe siècle, le philosophe écossais David Hume (1711-1776) inaugure une forme moderne du scepticisme. Il est pour lui impossible de fonder la science de manière absolue. C’est l’habitude de constater la succession de deux phénomènes qui nous conduit à penser qu’il existe un lien causal entre les deux. Mais nous ne pouvons être absolument celtains que ce lien causal existe.
- De même, Hume souligne qu’il nous est impossible de connaître le “moi”, car si c’est bien moi qui ressens ce qui se produit dans mon environnement, je ne peux ressentir le moi lui-même. Mon intériorité m’échappe